Samedi 30 avril 2011 6 30 /04 /Avr /2011 12:01

Belgicana 31

Morenito de Nîmes en tienta. Fontvieille.

 

On aurait pu l’écrire à l’avance tant cette feria d’Arles était prévisible ou presque. Une météo arlésienne : mi figue mi raisin et pourtant cette année la feria de pâques avait lieu fin avril et nous rêvions d’un scénario plus ensoleillé, nous rêvions.

 

Côté toros…  Arles reste une référence en prouvant que même un lot de Nuñez del Cuvillo peut être bien présenté tout comme les toros de Tierra d’Oc pour la non piquée… le lot le moins intéressant de cette feria a été celui de Miura comme quoi la qualité n’est pas toujours où l’on espère.

 

Arles aime les toreros rustres… athlétiques, spectaculaires avec un joli sens du rythme et si possible adroits aux banderilles… bref un rejon sur patte. Ceci explique peut être cela mais les héros de cette nouvelle feria se nomment (on aurait pu le prédire), El Juli, Juan Bautista, El Fundi, Mendoza ou encore Ventura… Chez les toreros plus classiques seul Miguel Abellan a réussi à tirer son épingle du jeu.

 

Quand on connaît les caractéristiques du public arlésien… on comprend pourquoi l’empresa ne change rien de sa mayonnaise habituelle avec de beaux toros pour les toreros "stars" en Arles (voir liste précédente) et une jolie brochette de torero locaux. Pourtant, sans pour autant faire péter le budget on pourrait imaginer d’autres noms comme ceux de  Curro Diaz, El Cid ou Alejandro Talavante à la place d’El Fandi par exemple… mais vu comment Juan Mora s’est fait descendre à la tertulia des Chiquillos, il n’est pas sur qu’on revienne sur ce créneau d’autant plus que le lendemain à cette même tertulia on se demandait pourquoi on avait privé l’oreille à Marco Léal ! Quiconque ayant vu leurs deux prestations ne pourrait dire la même chose à moins d’être… Arlésien.

 

Vendredi. Deux surprises… La première est une femme Paola San Roman, une mexicaine venue d’Aguascaliente. Elle était au cartel de la première course de la feria en novillada non piquée. Le 22 avril… à deux jours près du triste anniversaire de la cornada de José Tomas. Elle a toréée avec calme temple, intelligence et sobriété, une série à la cape des planches au centre de la piste, même logique avec la muleta et des doblones de grandes qualités, du temple à droite comme à gauche… à revoir d’urgence.

 

L’autre surprise c’est l’indulto d’El Juli… après une faena d’une grande maitrise et de variété technique, le tout exécuté avec une muleta aussi large de la main gauche qu’à droite ?! L’arène a vibré mais sans faire sauter le bouchon de la cocotte… Lorsque le maestro prend l’épée quelques voix s’élèvent pour demander la grâce du toro… et le Juli demande à l’orchestre de reprendre la musique… le public suit et la présidence cède aux sirènes de la mode... Arles vient de perdre un peut plus de sa crédibilité torista.

 

Quelle fut dure l’alternative de Tomasito… qui rate l’oreille de son premier toro à l’épée contraint de voir Juli indulter le deuxième toro de l’histoire d’Arles (le premier était également l’œuvre du Juli) puis d’assister à la prestation très pro de Manzanares,  un toréo de ceinture conclu par deux grandes épées… l’attente a du être longue jusqu’à l’arrivée de son deuxième toro. La pression. Il brinde au public, jette sa muntera derrière lui… le public gronde, hésitant, il se retourne et la découvre à l’envers, il marque le coup mais il ne la touche pas et reste au centre de la piste. La cuadrilla bafouille et le toro s’élance vers lui… Tomasito ne bouge pas et se laisse prendre (ça nous rappelle quelqu’un). Comment ? Pourquoi ? Personne ne le sait encore…

 

Samedi matin. 11h00. Il pleut depuis une bonne demi heure, rien de grave. Pas le temps de rentrer dans l’arène que la décision tombe… la novillada est annulée. Raison officielle la pluie ! Personne n’y croit et déjà les rumeurs vont bon train…  « C’est pour préserver la piste à cause du cheval » (Noëlia Mota rejoneadora ouvrait le cartel) si cette hypothèse est vraie pourquoi ne pas, tout simplement annuler la prestation de Noëlia et rajouter son toro en début d’après midi par exemple pour laisser les trois piétons s’exprimer… c’est à n’y rien comprendre. Il est coutume dans pareille situation de retarder la course de plusieurs minutes, histoire de voir l’évolution de la météo, sauf à Arles. Quelques minutes plus tard la pluie cessait.

 

On se réfugie au chaud devant des œufs aux plats… et une autre rumeur arrive. La pluie serait bien la cause de cette annulation mais l’état de la piste n’a rien à voir, la météo aurait découragé bon nombre de spectateurs et les faibles entrées seraient moins rentables que l’assurance annulation… J’avoue que cette hypothèse est crédible d’autant qu’Arles ne s’est pas toujours battue pour sauver sa piste.

 

Au final il reste deux hypothèses soit Arles est incapable de sauver une piste malgré une demi heure de pluie, soit ils se foutent de notre gueule pour des raisons financières… quoi qu’il en soit je fais mille kilomètres pour venir, le matin je fais l’effort de mettre un K-way… Merci !

 

L’après midi, Juan Bautista coupe deux oreilles méritées à son premier Nuñez. Perso, je l’ai préféré le lundi matin à la tienta de Fontvieille… sans pression, il transmettait plus, juste le plaisir de toréer sans s’occuper de la foule, sans mise en scène. Juan Mora a joué le jeu sans réelle réussite mais a offert à qui voulait le voir quelques gestes de grandes classes. El Fandi… 6 banderilles et puis s’en va. Le soir, toujours à la tertulia le Président de la course, micro en main déclare (de mémoire): "j'ai pour habitude d'être plus généreux avec Jean Baptiste car c'est un grand technicien mais qui transmet peu..." Dans la salle personne ne semble relever l'énormité, plus loin il rajoute (toujours de mémoire): " ...le public arlésien a pour habitude d'être froid avec Jean Baptiste parce que c'est le fils Jalabert (...) aujourd'hui le public l'a enfin soutenu." Je n'ai jamais eu le sentiment que Juan Bautista était le "mal aimé" des arènes, passons.

  

Dimanche matin. Les toros d’Olivier Riboulet ont fait valser la cavalerie. De beaux toros, un poil gros, qui ont fait le spectacle à la pique, que du plaisir. Un bémol tout de même contrairement au lot de Saint Gilles les toros de Scamandre ont moins servi les piétons. Les toros étaient un peu trop méfiants pour se livrer totalement et les toreros eux aussi étaient sur la défensive.

 

L’après midi, les Fuente Ymbro ont tenu leurs promesses…  seul Abellan a su les mettre en valeur et toréer avec profondeur tout en citant de loin. Dommage, ses deux adversaires manquaient de jus en fin de faena… on est passé à deux doigts d’une grande émotion.

 

Dimanche. Miurade, vous avez dit Miurade. Un bel ennui.  El Fundi était en forme surtout à son premier auquel il aurait pu couper une oreille. Le trophée glané à son second s’apparente plus à un hommage qu’à une juste récompense. Passons. Alberto Aguilar a écouté 5 avis, un calvaire à la mort. Mehdi Savalli n’en finit pas de progresser et malgré deux Miura-Domecq son toréo est de plus en plus plaisant. L’épée l’a privé de l’oreille de son second, l’ultime de la feria, sous le déluge, Savalli  a joué le jeu en mettant le feu aux arènes… nous en avions fort besoin.

 

Ci-joint les reseñas des années précédentes… 2010  2009  2008

 

Comme quoi les années se suivent et se ressemblent.

 

El Boby

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Communauté : Corrida - Publié dans : LES PENSEES D'EL BOBY
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