Mardi 15 juillet 2008

Retour à la maison pour dix jours…. Le mois de juillet est avare en toros dans le sud-est. Après un coup d’œil sur les cartels, une direction s’impose : Barcelone. Au paseo de ce dimanche 13 juillet : El Cid, Sebastien Castella et Miguel Angel Perrera. Un bétail mixte de Valdefresno & Fraile de Mazas. Une affiche de luxe qui mérite bien les 4h00 de route entre Uzès et la capitale Catalane. Très facile d’accès, la Monumental est originale presque orientale mais un petit rafraîchissement s'impose. Les aficionados ne sont pas les biens venus et des croix gammées sont tagguées sur les guichets de la Taquilla. Amalgam(mé)e.. Pour 55 euro la place, c’est au soleil en barrera que j’assisterai à la course (elle sera à l'ombre dès le paseo) en attendant, c’est l’heure de faire un tour en ville et de se rassasier.

Escale rue Escudellers tout proche des célèbres Ramblas. Los Caracoles, un petit bar typique aux jambons suspendus avec des airs de cervezas et de tapas mais les apparences sont trompeuses…. En s’enfonçant dans le café, on découvre une demi-douzaine d’hommes travaillant aux fourneaux… Dans une appétissante cacophonie, la cuisine devient le passage obligée pour rejoindre la partie restaurant du lieu. C’est une sorte de Fort-Boyard gastronome avec une succession de pièces que nous fait découvrir l’un des très sérieux serveurs devenu l’espace d’un instant le Passe-partout local. Sur les murs des centaines de photos témoignent du passage de célébrités aux Escargots… La cuisine est simple, légère et délicate. Seul petit bémol l’addition qui sans être hors de prix est un peu excessive.

Retour aux toros. Devant les arènes, quelques manifestants anti-taurins accueillent les aficionados dans un esprit presque bon-enfant. Les groupes de touristes affluent. Ambiance « suivez le guide au parapluie » anglais, russes, japonais… s’apprêtent à découvrir l’univers du « Bullfight ». Dans l’arène, les sièges en plastique gris sont vides. A l’heure du paseo seul un petit quart d’arènes applaudi l’entrée des artistes. Triste. A qui la faute ? Pampelune, la fête nationale, ou la feria de Céret ? Le manque d’ambiance déçoit… ça sent la corrida de plage. En piste, les toros ont oublié de revêtir leurs cornes, dans l’ensemble très courtes, peu ouvertes et le pointu pas si pointu (mais je ne suis pas un expert en afaïtado). Les maestros sont pros, malgré le peu de spectateurs et des bestioles difficiles, ils jouent le jeu. Merci. El Cid hérite du plus mauvais lot doit se jouer la peau. Son premier lui inflige belle rouste, orgueilleux le Cid tentera de le dominer en vain. Son deuxième est encore plus coriace mais il a le souci de bien faire… il torée des deux mains. Sa faena à l’énergie, au courage est très intéressante. Même en difficulté il a la classe. Nouvel accrochage sans gravité. Le Cid rigole, défit la bête, lui parle, engueule sa cuadrilla. Il est dedans. La mise à mort le prive encore une fois de trophée.

Comme le Cid, Castella souffre aux aciers… Il aurait pu couper l’oreille de son premier après une faena sortie tout droit de son répertoire. Assis sur la marche du burladero, Sebastien muleta en main attend le toro pour entamer sa deuxième faena… ce dernier qui poursuit un peone s’assomme contre la barrière. Castella se lève et torée dos aux planches. Après une passe de pecho le toro retape la tête contre le bois et s’assomme à nouveau. Il n’y aura plus rien à tirer de lui. Sans conviction… et déçu, Castella le tue, laborieusement.

L’homme du jour (ou de l’année) s’appelle Perrera, une et deux oreilles. Tout y passe, rien ne lui résiste. Il est le seul actuellement a pouvoir résister à José Tomas… et ce n’est pas anodin si Perrera s’est surpassé dans le jardin préféré du torero de Galapagar. Un air du 15 juin plane sur son premier toro. Sèchement attrapé après trois coups de tête, il se relève sonné, un trou dans la jambe et repousse tout le monde… il lutte, il boite… en réalité, seul son costume est troué. Perrera trouve la volonté pour arracher trois excellentes séries à son adversaire. Avant une estocade foudroyante, il exécute sans bouger… quatre manoletines. Son second manque de jus mais permet tout de même à Miguel-Angel de sortir le grand jeu. Il commence immobile par une série de statuaires puis il compose sa faena par des naturelles profondes sans jamais se faire accrocher le leurre. Nouvelle estocade foudroyante et nouvelle Puerta grande.

Avant la sortie à hombros de Perrera, El Cid quitte la piste sous les applaudissements alors qu’un groupe de spectateurs s’en prend à Castella en criant « Torera ! Torera ! » accompagné de doigts d’honneurs. Une belle façon de remercier un matador venu faire le travail malgré une récente cornada (20 cm reçu quatre jours plutôt à Pampelune). Castella ne montrera rien de cet handicap. A la sortie des arènes les « antis » sont toujours là et je dois bien l’avouer ils ont l’air plus sympathiques que les gros cons d’ultras. La Monumental de Barcelone a du souci à se faire….

par El Boby publié dans : LES PENSEES D'EL BOBY
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Vendredi 20 juin 2008
Il aura fallu attendre… des mois, des années pour revoir Jose Tomas à Las Ventas. Depuis l’annonce des cartels, on avait opté pour le 15 juin plutôt que le 5. Ce n’est pas notre choix mais celui de nos agendas. Dix jours plus tôt Tomas coupait 4 oreilles. Historique. Peut-il faire mieux encore ? L’attente pour sa deuxième apparition est énorme. Mille euro pour une place de vingt. Tout le monde vient le voir couper un rabot. Le pourra t-il ? Depuis notre arrivée, ce sont les mêmes questions qui reviennent. Les deux jours d’attente sont interminables. Madrid vit au rythme de l’Euro mais nous on a la tête aux toros.

C’est avec un billet (tendido bajo 6 fila 8) à 17,50 euro achetée dix fois le prix sur internet que l’on s’apprête à pénétrer dans la plaza. Un instant, Jérémie hésite à revendre la sienne pour empocher l’équivalent d’une petite voiture mais le cœur pris l'accendant sur la raison qui, pour le coup avait tord. L’ambiance est électrique, la rumeur n’en est plus une, l’expectative est immense. A l’heure du paseo c’est El Fundi qui foule le premier le sable, il est suivit de prés par Juan Bautista et José Tomas apparaît enfin. Ovation. El Fundi attend son premier toro mais le public rappelle son héro. Humblement, discrètement El Fundi s’efface et laisse place à Tomas qui reçoit une nouvelle standing ovation. La corrida peut commencer.

José Tomas ne perd pas une seconde et réalise un quite de chicuelinas sur le premier toro du Fundi. La cape est accrochée mais sa détermination est intacte. Le deuxième est un manso de première : intoréable. A 90 euro le toro, ça énerve. Face à un tel bestio n’importe quel matador l’aurait abrégé sans attendre mais José Tomas relève le défit. Le toro fuit toute les deux passes. Tomas lui court après, viens vers nous… Il enferme son adversaire dans les planches, le fait passer entre lui et le callejon enchaînant main droite, main gauche. Frissons. Tomas se fait sèchement attraper et se retrouve sur le dos de la bête. Il se relève sonné, ensanglanté de la tête au pied. On ne sait pas s’il est blessé, lui ne s’en souci pas et repart à la charge. Il renferme le toro et réduit l’espace contre les planches, il réduit, réduit… on le croit mort a chaque muletazos mais à chaque fois ça passe. La foule oscille entre peur et fascination et scande ses plus beaux « olé ». J’ai des frissons de la tête au pied. Oreille. A la vuelta, un homme lance sa canne, José Tomas la ramasse et sourit, oui il sourit. Puis il part à l’infirmerie sous les acclamations. Un toro plus tard, il revient toujours couvert de sang. Sans attendre son deuxième, il effectue un nouveau quite de gaoneras sur le deuxième du Fundi. Après quatre passes, il est bousculé et Tomas tombe face contre terre. Les cornes emprisonnent le maestro qui se tient la tête sans bouger. Le toro aussi ne bouge pas et laisse son museau sur l’homme, ils ont l’air bien ensemble et restent dans cette position en attendant l’arrivée de la cavalerie.

Son deuxième toro est plus hargneux, plus batailleur. Il commence sa faena au centre de la piste, les derechazos sont magnifiques, le récital commence, à bien regarder son poignet il ne cite pas le toro, pas de « toqué »… il ne fait qu’avancer lentement la muleta pour que l’animal suive. On se croit revenu dix jours en arrière quand sur une naturelle, le toro détourne la tête du leurre et attrape Tomas. Il le souleve à cinq reprises. Bilan : deux cornadas dans la cuisse. José Tomas a rendez vous avec la mort. Il la défit, la provoque, en redemande. Il termine sa faena comme si de rien n’était. Chaque passe dégage une intensité inouïe. Tranquillement, il change d’épée. Pied joint, il exécute "ses" manoletines et la mort passe à quatre reprises sans qu’il ne bouge d’un millimètre. Comme elle ne fait que passer, il va la chercher. A l’estocade, il se jette sur la corne droite, nouvelle blessure mais Tomas reste sur ses jambes et regarde tomber son adversaire. La foule hurle « Torero ! Torero ! ». Deux oreilles synonymes de médaille de guerre. Tomas prend ses deux trophées, salue son public et retourne directement à l’infirmerie qui fait office de puerta grande. 

A côté de moi, Anthony vient de voir sa première corrida. Après un spectacle si riche en émotions doit-il revenir dans une arène ? Ne risque t-il pas d’être déçu ? C’est une tragédie grecque qe nous venons de voir. Jamais je n’avais vu un torero provoquer la mort à ce point. Son corps manipule le leurre, sa tête dirige le corps, le reste la pression, la peur, la douleur... c’est du superflu. José Tomas c’est l’essence de la tauromachie. Il vient de faire une nouveau triomphe, ça devient systématique. Combien de temps peut-il toréer de cette façon ? Il faut savourer chaque geste du maestro de Galapagar. Courons voir José Tomas quitte à faire un crédit, une hypothèque car il ne va pas durer. S’il ne meurt pas, il finira par perdre son envie et son énergie. Il est capable de s’arrêter du jour au lendemain, sans prévenir. Ce jour là, comme des orphelins, il ne nous restera que les yeux pour pleurer... mais ils auront vu José Tomas.

 

15 juin première partie.


15 juin deuxième partie.


Le 5 juin.
par El Boby publié dans : LES PENSEES D'EL BOBY
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Mardi 27 mai 2008
Depuis mon retour de Nîmes à Bruxelles, je regarde la San Isidro sur canal plus espagne. Je vais dans un café espagnol l’Atlantico chaussée de Waterloo pour voir les corridas. Au début les habitués étaient un peu surpris de me voir regarder les « toros ». Dans la salle, je suis le seul à être attentif à ce qui se passe dans la télé mais depuis quelques courses ils (re)deviennent petit à petit aficionados. On commence à parler toros y toreros. Pour 6 euros, j’ai également pu suivre une course en direct sur mon ordinateur (sur plus.es). C’est une petite révolution !

La corrida évolue avec son époque. Le numérique change les habitudes des aficionados et il n’y a pas que les directs de nouveaux. Grace au net, on peut quotidiennement voir toutes les images de la temporada. L’aficionado peut ainsi compléter son point de vu grâce à ces images qui constituent un complément aux corridas vues dans les gradins. L’accès aux arènes est facilité par les ventes de places sur internet. En deux coups de carte bleu l’aficionado réserve ses billets, son avion low cost (ça aussi c’est une révolution) et sa pension ! Enfin, l’afionado peut aujourd’hui plus facilement confronter son savoir et ses opinions via l’émergence de nombreux sites et blogs dédiée à la tauromachie.  Le net casse les frontières régionales et permet à la corrida de s’exporter en Europe et dans le Monde. 

Cette révolution va servir la tauromachie et son avenir. Seul le futur pourra confirmer si mon engouement pour la corrida numérique est judicieux. En attendant, les arènes françaises notamment accueillent un public de plus en plus nombreux… C’est évidemment dû à des toreros inspirés mais aussi à ces nouveautées. C’est via le net que j’ai vu pour la première fois José Tomas… le 14 et le 15 juin, je serais à Madrid pour le voir. Un aller retour depuis Bruxelles (Ryanair) avec des places achetées sur internet un prix exorbitant. C’est peut être ça le revers de la médaille de l’aficionado numérique.

par El Boby publié dans : LES PENSEES D'EL BOBY
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Lundi 19 mai 2008

La feria de Pentecôte à Nîmes, c’est plus qu’une succession de corridas. On rentre à la maison… c’est l’heure des retrouvailles. On en profite pour inviter nos amis découvrir l’univers des corridas. Tous les prétextes sont bons pour prendre l’apéro : la couleur du ciel, les bonnes courses, les mauvaises, les anniversaires en retard, Nîmes Olympique… Ça sent bon le pastis, l’ail, les tellines, la belote et les coups de soleil. Si la feria d’Arles salue l’arrivée du printemps celle de Nîmes annonce l’été. Nos «QG » sont les mêmes depuis des années… le Prolé, chez Janny, le 421 et le Petit Subito fraîchement ouvert. Ernest Hemingway  disait des ferias: " A part les billets, rien n’a d’importance, car personne ne dort ni ne change de vêtements." Ça me rassure un peu, on n’est pas les seuls.

Mercredi : A peine sortis de l’avion, je kidnappe les belges: direction les arènes. Dans quelques minutes les toros de Victorino Martin entrent en piste On regrette que le spécialiste des Victorino El Cid ne soit pas au cartel. Bien qu’irréprochables en présentation les toros manquent de jus et les faenas s’essoufflent. Pepin Liria n’est pas aussi entreprenant et revanchard qu’à Séville. De toute évidence, il est venu prendre un ultime cachet en France sans même regarder ses deux adversaires. Antonio Ferrera réussi à nous sortir de l’ennui en tirant le meilleur de ses deux Victorino réussissant presque à faire la première « faena » de la feria. Marc Serrano doit prouver face à ce bétail aussi dur qu’inhabituel pour lui. Il met tout son courage dans sa muleta et se joue la vie pour obtenir l’oreille de son second. Il la perdra aux aciers. 

Jeudi : Blessé, José Tomas n’est pas là… je crois que tout le monde s’est fait une raison. La corrida de gala (pure invention commerciale) a malgré tout, tenue ses promesses. Pour mon plus grand plaisir, Javier Conde est inexistant à son premier. El Juli est parfait. Il réalise une faena divinement douce à un toro que le public voulu remplacer. Il le tue à recibir en deux temps : deux oreilles méritées. Castella ne se laisse pas distancer et nous rassure sur sa forme actuelle. La faena porte sa signature : deux oreilles contestées. Conde à l’orgueil, récite son grand numéro de clown. Derrière moi, un homme lance : « et la main gauche c’est pour l’école ? » Comme d’habitude, il signe une faena exclusivement droitière à l’exception d’une timide série mais il revient vite à ses derechazos. 2 oreilles dont une pour Casas. Le public est divisé entre joie et colère même si la première partie est majoritaire. En manque d’amour, Javier fait durer sa vuelta une éternité. No hay quinto mal. L'expression n'est pas valable aujourd'hui et le Juli ne peut rien faire de son second à part de le tuer proprement. De son côté, Castella ne rate pas l’occasion de distancer ses  concurrents. Il torée à la perfection toujours plus prés des cornes, toujours plus lent. Emoción ! Une faena magique où l’homme et l’animal ne font plus qu’un… le combat se transforme en mariage. Le visage Castella est apaisé, heureux, ailleurs. Un rêve sublime… inoubliable. 2 oreilles et la queue. Bouleversant.






par El Boby publié dans : LES PENSEES D'EL BOBY
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Lundi 19 mai 2008

Vendredi : Juan Bautista est ailleurs. En plus d’être absent, il tente de venir sur le terrain de Perrera et Talavante en exécutant des gestes de leurs répertoires sans réussite. Il est à deux doigts de se ridiculiser. Les toros manquent de mobilité, il faut les citer à plusieurs reprises pour réussir une passe. Du coup, les faenas sont décousues mais suffisantes pour nous prouver que Miguel-Angel Perrera est le matador le plus inspiré de ce début de temporada. Le sixième ne charge pas du tout. La faena de Talavante ressemble un peu à la deuxième de Jose Tomas en septembre: passe par passe. Pour obliger le toro à charger, il l’enferme contre les planches. L’animal oppressé doit sortir l’impasse. Une oreille récompense une faena hypnotisante.

Samedi matin: Les toros de Zalduendo sont endormis et nous aussi. Ponce peu heureux au sorteo réussi une belle faena douce à un toro rêveur en demande de câlins maternels. Seul Castella parvient à nous éveillé, un peu. Il faudra encore du café pour retrouver la forme. L’après-midi les toros d’El Pilar n’ont pas oublié d’en boire (sauf le premier), peut-être ont-ils pris du Redbull ? Enfin, une corrida de toros. Matias Tejela lui aussi est sous l’emprise d'exitants. Il place son premier à la pique par une largas à genoux, du jamais vu pour ma petite personne. Sa faena énergique mérite une oreille mais à la mort, le toro le prend entre ses cornes. Il reste sur la nuque de l’animal plusieurs secondes. Un moment interminable. A l’arrivé, il reçoit quatre cornadas dans les cuisses. Effondré sur le sol, il se relève à l’aide de sa cuadrilla mais il renvoi tout le monde aux vestiaires. Il se précipite sur l’épée et sans replacer son toro, il lui porte l’estocade d’une entière. Sans attendre la mort de l’animal, Tejela court à l’infirmerie. Une minute plus tard, le toro s’écroule : 2 oreilles. Castella en chef de lidia profite d’un toro supplémentaire. Il coupe deux fois une oreille. Il torée avec plus de calme, de maturité et de profondeur qu’avant. S’il continue à ce rythme nul doute qu’il retrouvera son titre de numero uno. Cesar Jimenez ne démérite pas mais il n’est pas à la hauteur du merveilleux « Dudito ». C’est le toro de la feria. Il mérite l’indulto mais Jimenez n’en profite pas assez et il réalise une faena d’une à deux oreilles seulement. Il en coupe une. Dudito est récompensé d’une  vuelta a ruedo.  Dommage, qu’il ne soit pas tombé sur Castella, il serait peut-être encore en vie.

 


Dimanche : jour de trêve. Je crois que je n’ai pas manqué grand chose.

Lundi : Sous la pluie, le moral est parti. Même le jeroneador Mendoza passe inaperçu. Le Juli est venu pour rien… la malchance du sorteo le poursuit. Miguel Angel Perrea torée deux faibles Jandilla de la meilleure manière possible. Il coupe une oreille et rate la deuxième à l’épée. Miguel Angel apprend vite et entre désormais dans la cour des (très) grands.

Réflexion personnelle : les chemises et polos roses UMP si visibles, il y a un an (surtout dans les premiers rangs) se font plus rares. Le rose serait-il passé de mode où serait-ce à mettre en rapport avec la faible popularité de notre président ?

par El Boby publié dans : LES PENSEES D'EL BOBY
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Mardi 6 mai 2008
Lundi, les coups de téléphone fusent entre nous, c'est la déception José Tomas ne sera pas à Nîmes. Jérémie: " Cette année, on a la scoumoune! L'hiver à Arles, la mousson à Séville, no hay José Tomas en Nîmes et pour l'instant pas de billet pour Madrid le 15 juin! " Pour couroner le tout, la corrida de gala devient un cartel ultra-classique pour Nîmes avec Javier Conde, El Juli et Sébastien Castella. Jamais nous aurions jamais acheté de bonnes places pour cette corrida ni fait six heures de queue! Tomas est blessé c'est la faute à personne, disons qu'on aurait préféré voir Talavante ou Perrera le remplacer. D' ailleurs, on se languit de voir Castella, Perra et Talavante au cartel d'une corrida, à Nîmes par exemple....

Ci dessous le triomphe du 3 mai à Jerez de José Tomas et sa cornada.


par El Boby
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Mercredi 30 avril 2008
Pour ceux qui n'ont pas la chance de vivre la feria de Madrid à Las ventas, vous pourrez voir les images sur canal + espagne évidemment mais aussi et c'est nouveau sur internet Plus.es (en direct) ainsi que des résumés sur elpais.com; cadenaser.com; as.com ou encore sur le site de las-ventas.com.

Bonne feria.

Nb: je cherche (comme tout le monde) des places pour le 15 juin.
par El Boby
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Mercredi 30 avril 2008

Vendredi : Curro Romero

Nous y voilà. Un an qu’on en parle et c’est aujourd’hui vendredi 4 avril que nous avons rendez-vous avec Séville. La première sensation à notre arrivée, c’est la chaleur : 33°c. On est passé de l’hiver parisien à l’été en moins de deux heures de vol. Dans la veille ville, les rues étroites sont à l’ombre et conservent la fraîcheur. Après avoir posé nos affaires à la pensión, nous partons directement pour la maestranza. On se perd facilement dans Séville, ses ruelles nous font perdre notre peu de sens de l’orientation. Après quelques hésitations, on arrive, d’après le plan au bon endroit mais on ne voit pas la plaza ! Le côté des arènes qui nous fait face n’est autre que le prolongement de la rue. La maestranza est camouflée. C’est toujours excitant de découvrir de nouvelles arènes, on savoure. La veille le public a vécu beaucoup une grande course de Victorino Martin, l’émotion est encore palpable. Pour notre première corrida, Séville nous offre un cartel de luxe avec deux de nos favoris Sébastien Castella et Alejandro Talavante. Les petits toros de Torrealta sont sans noblesse. Malgré ce lot indigne d’une arène de première catégorie, Castella et Talavante arrivent à sortir quelques jolies gestes mais les toros s’essoufflent et les faenas aussi. Les meilleurs moments de l’après midi sont à mettre à l’actif de la cadrilla du français, propre, irréprochable : professionnelle. Le public connaisseur l’ovationne. Le troisième homme Javier Conde n’avait cet après midi-là (comme beaucoup d’autres) de torero que le costume. On reste sur notre faim. Vivement demain. 

Pierre-Yves qui manque à l’appel nous rejoint dans la soirée, un peu triste de ne pas avoir découvert les arènes avec nous. Qu’importe, on savoure ensemble les premières cañas et les premiers tapas au Pepe Hillo un très beau bar en face des arènes. C’est rempli de français venus se la péter à Séville, ambiance aficion parisienne, limite Ray-Ban. En Espagne, on cherche toujours « notre » café celui qui sera le QG du séjour. Notre préférence va pour les bars invisibles et pourris. A la sortie d’un exemple un peu trop parfait, un homme titube et percute tout sur son passage. Arrivé devant chez lui, il sort un énorme trousseau de clefs. Après 5 minutes de galère, il renonce et s’apprête à dormir devant sa porte. Pierre Yves qui ne parle pas espagnol (comme moi) vole à son secours. Après quelques essaies, il ouvre la porte et l’homme remercie son sauveur d’un besito reconnaissant. Sur la route de la pensión, on boit le « dernier verre » dans un minuscule café plus que lleno. Le patron ferme la grille derrière nous et prend la parole « nous sommes ici en famille, on va faire la fête et chanter toute la nuit ! ». Nos petits cœurs de touristes s’enflamment, on se sent déjà chez nous. Ambiance sévillanne. Accompagné d’un guitariste, le patron chante à la gloire de Curro Romero matador chéri de la ville. Pendant ce temps, sa femme nous sert des copas de vino tinto d’un demi-litre. Après trois verres… Jérémie en confiance drague deux sévillanes (ou l’inverse), c’est la preuve de la qualité du vin.

Samedi : opération Simon Casas

La soirée a porté ses fruits puisque Jérémie est sorti du bar avec le numéro de téléphone d’une des deux filles. Elles nous invitent dans leur caseta familiale pour faire la fiesta. La seule condition pour être admis :’être habillé classe ! (veste, chemises, cravates…) Autrement dit, on a du boulot. C’est le début de notre opération shopping qui va, petit à petit nous donner l’allure de Simon Casas. Pour compléter le tableau, Pierre-Yves et moi commençons à fumer le cigare. Une bonne manie. En piste le Juli, Manzannares et Perrera héritent d’un lot de toros inégal dont trois sont à mettre presque directement à la poubelle. A son premier, El Juli en professionnel coupe l’oreille du travail et du mérite. Manzanares l’idole des foules coupe une oreille qui sans une atroce mise à mort aurait pu grâce à ce public chauvin voler une deuxième oreille. Le troisième est le premier canard boiteux de l’après-midi. Perera ne le fera pas courir, malgré une belle entame de faena pieds joint. Ensuite le sorteo s’inverse et les deuxièmes toros du Juli et de Manzanares ne permettront rien. Le dernier toro (correcte mais sans plus) permet à Perrera de montrer tout son talent. Il s’affirme comme le torero le plus en forme de ce début de temporada. Il nous donne notre première grande emoción de l’année en signant la meilleure faena de la feria.

par El Boby publié dans : LES PENSEES D'EL BOBY
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Mercredi 30 avril 2008


Très belle faena de Miguel Angel qui s'impose de corrida en corrida comme le torero en forme du moment.
Nb: L'image n'est pas fameuse mais j'ai pas trouvé mieux.
par El Boby
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Mercredi 30 avril 2008

Dimanche : de pelle à gateau

C’est triste une ville le dimanche. Tout est fermé. Et c’est encore plus glauque quand on n’y a pas ses repères. Pour combattre la tristesse du jour, on fait la sieste et franchement c’est pas du luxe. Point de vue toro, ça part aussi mal que la veille (les Parlade seront qualifiées de petits chats dans Marca). Le premier toro est changé. Pour le faire sortir dix vaches font leur entrée en piste… mais le berger n’arrive pas à faire ressortir le troupeau. C’est long, surréaliste mais drôle. Morante est plus motivé qu’à son habitude. Quelques gestes très Morante suffisent à faire hurler la maestranza. On apprécie mais cette nouvelle exagération de la foule nous laisse dubitatif. Salvador Cortes a le mérite d’essayer, en vain. Il parait que Finito de Cordoba était au cartel. Triste journée. Pour se remonter le moral, on fait la tournée des cafés, sans conviction. On finit par manger au bar du patron-chanteur. L’ambiance est morte, genre enterrement, on a l’impression de déranger. La serveuse ne se presse pas et nous ignore. Elle met des heures à nous servir, sans jamais nous apporter la bonne commande. Je crois qu’ils sont fous, vraiment. Peu avant minuit, le patron chante. Le scénario est identique au premier soir, c’est un attrape touriste. La déception est énorme. Sur la route de la pensión, on prend un dernier verre à la Casa Placido notre café du petit déjeuner. Au dessus du comptoir, un petit panier de basket couvre un saladier d’argent. La serveuse y jette les pièces de monnaies laissées par les clients sans jamais rater un tir. Défit. On vide nos poches et on entame un tournois de lancé francs avec des pièces de 5, 10 et 20 centimes. C’est le meilleur moment de la journée. Au total, on a du jeter au moins deux euros dans ce panier. Tous les bars devraient faire la même chose.

Lundi : torero aquatique

Ça devient une habitude, les toros sont minables. Le pire c’est que se sont des Juan Pedro Domecq. La présidence incompétente provoque plusieurs moments de flottement dans la corrida et le vent souffle avec force sur la Maestranza. Face à ses conditions, Ponce est invisible, Castella et Manzanes bâclent leur premier toro. Au cinquième, Castella se joue la vie en toréant au centre de la piste, il sera le seul. Le début de la faena est marquée par son traditionnel cambio dans le dos avec une muleta devenue girouette. Il impose son autorité au toro qu’il toréé parfaitement prenant tous les risques pour (ré)affirmer son statut de figura. Jérémie écoute la radio et nous traduit : « le toro rencontre un très grand torero ». Il perd une grosse oreille aux aciers. Au sixième, le vent s’arrête et cède la place à la pluie. Les parapluies s’ouvrent, ça nous amuse car nous sommes dans la partie couverte des arènes (celles des places bon marché). La piste devient boueuse. Comme à Bayonne sous un orage aoûtien, Manzanares relâché et décontracté fait une faena de qualité et coupe les deux oreilles (dont une pour la pluie) de son adversaire. A chaque fois que je le vois bon c’est sous le déluge. Manzanares est-il un torero aquatique ? On s’abrite au Pepe Hilo manger leurs délicieux tapas et faire notre propre tertulia. Cigare en bouche et habillé à la Casas* on fait désormais parti du décor, on a presque de l’allure. Un groupe d’arlésiens nous invite à les accompagner en direction de la feria et de ses fameuses casitas. Après trente minutes de marche sous une pluie fine, on arrive dans un lieu incroyable, une sorte de foire du trône de la feria. Face à nous, un énorme arc de triomphe recouvert de milliers d’ampoules. Kitch. La soirée est sympathique mais pas plus qu’ailleurs, plutôt décevant.

*Avant la corrida, on a croisé Simon Casas dans la rue. Voyant l’insistance de notre regard sur sa personne, il nous sourit. En le voyant passer devant Pierre-Yves, on pourrait facilement penser qu’ils sont père et fils.

 Mardi : mousson.

C’est la mousson à Séville. La corrida est annulée. C’est la déprime. Dommage, on aurait bien revu Talavante. Le moral est dans les chaussettes (mouillées) et la tête déjà au boulot. On reste à la pensión sans répondre à l’invitation des filles et de leur casista. Triste.  

Conclusion :
Les arènes de Séville sont magnifiques, les arches, la taille, l’ocre mais contrairement aux arènes romaines le son est moins bon. On entend mal la musique et encore moins l’action. C’est étrange d’assister à un paseo qui passe inaperçu. La musique est inaudible, les gens parlent, cherchent leurs places… A Séville, la corrida commence véritablement à la première passe de cape. C’est à ce moment là que le silence se fait. Comme à Madrid l’année dernière, Séville nous a déçu, loin du mythe attendu. Enorme déception de l’ensemble des élevages, présidences discutables, public parfois chauvin. De ce point de vu, la France n’a pas à rougir. D’un autre côté, les grandes arènes de l’hexagone (notamment du sud-est) ont encore beaucoup de travail à faire pour respecter le tercio de piques et le travail des cuadrillas. En quatre corridas, aucun matador n’a joué la comédie avec son picador : l’un qui gueule et l’autre qui fait semblant de ne pas l’entendre. A Séville, les toros partent à distance réglementaire, les piques sont belles et brèves, aucun massacre. Il n’y a pas de raison pour que nos arènes ne puissent pas faire preuve de la même rigueur. On a tout à gagner.

par El Boby publié dans : LES PENSEES D'EL BOBY
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